Affichage des articles dont le libellé est histoire locale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est histoire locale. Afficher tous les articles

mardi 5 novembre 2013

Morts pour la France 14/18 : les hommes de Sury-en-Vaux et Verdigny [1]

Pour ce mois de novembre, j'aurai pu partager les quelques photos de mes aïeux ayant participé à la Première Guerre Mondiale (j'en connais au moins trois), sauf que je n'aurai publié que des photos et rien eut d'autre à raconter. Je n'ai en effet en ma possession qu'un seul livret militaire : voilà de quoi travailler pour les années à venir !

Pour le thème de ce mois, je vais donc vous parler des soldats morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny : je suis originaire de ces villages, ceci explique cela. Pour ce premier article, je vais vous présenter ces hommes ; pour les prochains billets je détaillera la vie de certains d'entre eux.

Les informations dont je dispose

J'ai recueilli les noms des soldats morts pour la France sur les monuments aux morts des deux villages. Un site répertorie (entre autre) les monuments aux morts du Cher : Monuments du Cher 1914-1918.

Je suis ensuite allée sur le site du ministère de la défense SGA / Mémoire des hommes pour accéder aux fiches de ces soldats. J'ai ainsi pu compiler les données des fiches.

De jeunes hommes ...

L'âge au décès de ces hommes s'échelonne de dix neuf à trente sept ans. Une génération sacrifiée...
Pierre Gabriel BARON est né le le 31 octobre 1898 à Sury-en-Vaux et mort le 2 octobre 1918 à Orfeuil dans les Ardennes. Il faisait partie du 21ème Bataillon de Chasseurs à Pied.
Louis REZZARD est né le 6 mars 1877 à Sury-en-Vaux et est décédé à l'hôpital mixte de Cormery, de suites de blessures de guerre le 27 novembre 1914.


Leurs affectations

Pour le recrutement, les hommes de Sury-en-Vaux et Verdigny devaient passer la Loire et ainsi changer de département et de région ! Le recrutement avait lieu à Cosne-sur-Loire (Nièvre).

Sur nos cinquante-sept hommes :

Quanrante deux faisaient partie de Régiments d'Infanterie
Quatre de Régiments d'Artillerie
Deux de Régiments d'Artillerie Lourde
Trois étaient affectés à un bataillon de chasseurs à pied
Un dans un Régiment de Cuirassiers
Deux chez les Zouaves
Un dans un bataillon mixte Zouaves et Tirailleurs
Enfin, l'un d'entre eux était infirmier militaire

Caserne Binot à Cosne-sur-Loire, 85ème RI de ligne, année 1915 source

Au niveau des grades, la quasi majorité d'entre eux étaient des soldats de deuxième classe.  Mais figuraient  aussi deux canonniers, un brigadier, un caporal, un caporal tambour, un lieutenant, un maréchal des logis ainsi qu'un sergent.

Les causes de décès

Les soldats ont été le plus souvent tués à l'ennemi ou de leurs blessures. Il est précisé que Henri Gaston JOSSERAND a été tué à l'ennemi par éclats d'obus à Rouvel, dans la Somme.
Deux hommes sont également morts en captitivité. Henri Justin GODON est décédé d'une pneumonie  au camp Klein Wittenberg en Allemagne.
D'autres sont morts de maladie à l'hopital ou en ambulance, le plus souvent de maladies respiratoires : tuberculose, pneumonies.


La carte des lieux de décès

Et enfin, voici la cartographie des lieux de décès représentés par de petites étoiles.



Les prochaines semaines mes articles seront basés sur les découvertes  faites en lisant ces fiches.

jeudi 31 octobre 2013

Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry.


Dans l'Berry on n'a pas de pétrole, mais on a des sorciers.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Berry est une terre de sorciers, birettes [1] et autres meneurs de loups. Le musée de la sorcellerie est d'ailleurs l'un des lieux les plus visités du département du Cher.
Concernant la sorcellerie, une affaire en particulier est célèbre dans le Sancerrois, celle du "Carroi de Marlou" [2] situé au-dessus du village de Bué.

Habituellement les pièces des procès en sorcellerie n'étaient pas conservées ... mais celles de cette affaire l'ont été ! Et ont été publiées sous forme d'un ouvrage il y a quelques années [3]. Le dossier  reproduit  les dépositions, interrogatoires, confrontations, et les témoignages sur les possessions, le sabbat ...

L'affaire du carroir de Marloup

Je ne vais pas reprendre ici toute l'histoire racontée dans le procès, mais la description de quelques protagonistes et des principaux faits.

Celui par qui l'affaire arrive à partir de l'automne 1582 est Bernard GIRAULT (homonyme de mon beau-père). Un sorcier, Jehan TABOURDET, l'aurait possédé en faisant venir à lui par l'intermédiaire de son cousin, une petite bête noire (une sorte de taupe sans pied ni poils et de la grosseur d'un sabot) qui lui demande de renoncer à Dieu. Différentes séances d'exorcisme auront lieu, puis un procès à partir du 21 décembre. Celui-ci s'appuiera sur les dires du jeune homme, de voisins des prétendus sorciers et des dépositions des accusés. Pas moins de cent soixante personnes seront citées ou interviendront directement dans le procès. Le tout sur fond d'ensorcellement d'enfants ou d'animaux, de maladies.

Revenons un peu à nos sorciers.

Jehan TABOURDET, dit des Berthilles aurait rencontré le diable à de multiples reprises et assisté au sabbat. Un soir en revenant de Neuilly en Sancerre, au Bec d'Assiette, il rencontre un homme habillé de noir qui le tente ; ce n'est autre que le diable. Cinq ans plus tard celui-ci revient frapper à sa porte, et l'emmène au Carroi de Marloup où se tient le sabbat avec cinq ou six personnes, mais il n'y prendra pas part. Il rencontrera ensuite à de multiples reprises le diable et ira au moins une fois par an au sabbat.


Le Bec d'Assiette de nos jours. Source : google streetview


Un autre protagoniste est CAHOUET, connu comme sorcier et meneur de loup. Un certain Loys FROU racontera qu'après avoir refusé de rester souper chez lui, il fut contraint d'y retourner à cause de mille loups lui barrant la route. Durant le procès il niera tout ce qui lui est reproché.

Le diable apparaît sous différentes formes : souvent sous forme d'un cavalier noir, ou bien un chat noir, un cheval noir.

Le fameux sabbat y est décrit : on danse à l'envers, il y a des chandelles noires, on adore le derrière du diable sous la form d'un  homme en noir. Il s'y passe des choses non racontables ici entre sorciers et sorcières, voire avec le diable. Souvent à la fin, le diable donne des poudres aux participants, qui auraient la particularité de faire mourrir.


Le croisement du carroir de Marloup de nos jours. Source : google streetview

Extrait de l'interrogatoire de Joachim GIRAULT, dit le bossu de la Brosse



[…] Fut lors porté au sabat au carroy de Marlou où il adora le diable en forme d’homme noir, luy baisa le derrière comme les autres qui y estroient, dansa avec eulx, et apres la danse le diable leur maistre, qui se disoict avoir nom Chevau, eut accointance charnelle avec la femme de François Macé de Chavernolet, et chascung d’eulx après lui [...]
 

A l'issue du procès, cinq hommes seront pendus et étranglés puis leur cadavre brûlé. Une sorcière présumée est retrouvée pendue en prison, son corps sera brûlé. Exécuté au carroi de marloup, TABOURDET se rétractera.

Sur l'ouvrage

Il ne se contente pas de retranscrire les pièces du procès. Chronologie, cartes, lexiques, liste des noms de personnes et des lieux qui permettent de s'y retrouver plus facilement au milieu de tous ces personnages. A la suite du texte, se trouvent différents études sur l'histoire locale, le procès, les stratégies de l'accusation ou encore les sorciers d'hier et d'aujourd'hui.



[1] Sorte de spectre en chemise
[2] Carrefour des mauvais loups
[2] Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry, 1582-1583. Nicole Jacques-Chaquin et Maxime Préaud. Editeur : Jérôme Millon, novembre 1998. Collection Atopia. 511 pages.

samedi 14 septembre 2013

Profiter des journées du patrimoine avec de jeunes enfants [hors-sujet]

Tous les ans des milliers de monuments peuvent être visités durant le week-end des journées du patrimoine. Avec des enfants en bas âge, pas facile ? Pour les enfants assez âgés, des activités peuvent être proposées, de quoi s'occuper utilement. Oui mais avec les plus jeunes ? Il suffit de bien choisir ses destinations et d'être un peu organisé en sachant que : 

la visite doit être courte au risque que les enfants s'énervent vite
il faut pouvoir s'éclipser facilement si ils deviennent intenables.

1. Je limite le temps de route

On évite les destinations trop lointaines au risque de commencer la visite avec des enfants déjà grognons. Pour ma part, une demi-heure de route me semble le maximum.

2. J'évite les lieux très prisés.

Qui dit lieu prisé, dit file d'attente : totalement inenvisageable. C'est le bon moment pour découvrir des lieux cachés, de petites pépites. Rien ne vous dit que la petite église qui semble bien banale ne renferme pas un trésor ? Et c'est sans compter sur l'enthousiasme des guides bénévoles.

3. Je privilégie les visites libres ou guidées de courte durée.

Difficile de garder les enfants calmes longtemps. Alors on oublie les visites guidées de 2h en intérieur. Les visites libres permettent de gérer son temps comme on l'entend, ou bien choisir des visites de courte durée.

4. J'aime les visites en extérieur

En croisant les doigts pour que la météo soit clémente, les visites d'extérieurs permettent de s'éclipser facilement, et surtout les enfants peuvent plus facilement crier et courir (sous l'oeil toujours vigilant des parents bien entendu).

5. Je ne suis pas trop gourmande

Les programmes à rallonge, c'était bien avant mais maintenant on oublie ! Prévoir une liste avec une ou deux visites à faire impérativement, puis d'autres à adapter en fonction du temps dont on dispose et la forme des enfants.
 
6. Je laisse la poussette à la maison

Parce que la poussette ça roule mal dans le gravier et ce n'est pas pratique pour monter les marches. On peut toujours la laisser à l'entrée de la visite, mais c'est tout de même bien encombrant. Alors pour porter bébé c'est l'écharpe ou le porte bébé. En plus en étant proche des parents, les plus jeunes s'endorment facilement. Pour les plus grands, il faut compter sur les bras de papa lorsque les enfants ne voudront plus marcher.

7. Je voyage léger ... mais avec l'essentiel

Je prévois dans la voiture de quoi changer bébé (deux couches, un peu de coton, une mini bouteille d'eau), un change, une bouteille d'eau et un goûter. On n'oublie pas non plus de quoi soigner les petits bobos : antiseptique et pansements si on tombe dans les allées d'un château.

8. Je n'oublie pas mon appareil photo ni mon carnet

Parce que le but c'est quand même bien de se cultiver et s'en mettre plein les yeux, je n'oublie pas mes outils essentiels : mon appareil photo et mon petit carnet. Et oui, on peut avoir la trentaine et faire de la résistance aux smartphones

Moulin de Bouillant, 2013

Bonnes visites !

mercredi 8 mai 2013

La fusillade des Fours à Chaux, le Maquis de Veaugues

Pour ce 8 mai, je reviens sur un monument du sancerrois, devant lequel je suis passée quelque fois mais dont je ne connaissais pourtant pas l'histoire exacte.

Celui-ci se trouve sur le bord d"une route, entre Veaugues et Neuvy. Il s'agit en fait d'un monument commémoratif en mémoire de maquisards fusillés. Je suis allée fouiller dans les documents sur internet pour essayer de reconstituer cette histoire.


Agrandir le plan
  • Quelques éléments sur la seconde guerre mondiale dans le Cher
Le site du musée de la résistance et de la déportation du Cher nous apporte quelques éléments sur la répression allemande dans le département du Cher. Celle-ci peut -être découpée en trois périodes :

- De l’été 1940 à avril 1942 : une répression en zone Nord menée par la Wehrmacht et les douaniers allemands à la ligne de démarcation.
- A partir d’avril 1942 : installation à Bourges de la Gestapo et recours à des agents français. Interventions d’abord en zone Nord puis à partir de novembre 1942 dans les deux zones ; cette période va jusqu’au 6 juin 1944.
- A partir du 6 juin 1944 la période des combats et des représailles jusqu’à la libération du département le 13 septembre 1944. 

La tragédie de Veaugues est liée à un homme : Pierre PAOLI. Ce dernier est originaire du Cher. Il maîtrise très bien la langue allemande et se lie d'amitié avec un capitaine allemand. En 1943, il entre au service de la Gestapo à Bourges comme interprète. Il devient ensuite  policier inquisiteur, puis tortionnaire et assassin. Le 15 août 1943 à Aubigny, il est la cible d'un attentat, mais malgré une raffle de balles il survit. Il quittera Bourges le 6 août 1944 avec les troupes allemandes ... il avouera plus tard entre 200 et 300 arrestations et tortures. Il sera condamné à mort et exécuté à Bourges.
  • Le 19 mai 1944 à Veaugues
Ce qui s'est passé à Veaugues, a été raconté par Pierre PAOLI lui-même. Tout commence par un plan d'attaque mené contre les maquisards présents dans les bois de Veaugues, menés par "Capitaine Daniel". Un indicateur "du cru" a livré moyennant une belle rémunération les poisitions du maquis. Le 19 mai matin dès 7h des troupes d'infanterie de la Wehrmacht prennent place, avec véhicules blindées et un Messeschmidt Bf109 qui opère un vol de reconnaissance.
La Gestapo de Bourges est également présente, prête à en finir avec un "réseau de terroristes" qui sévit dans la région.

A 14h, un mécanicien (Marcel Léger) est interpellé chez car il aurait l'habitude de recevoir des résistants chez lui. La voiture sort de Veaugues et subit bientôt les feux du  groupe de maquisards qui se retrouvent pris au piège : plus de de deux cents soldats encerclent les tireurs. S'en suit une fusillade où sept maquisars et un huitième homme furent tués ainsi qu'un agent de la Gestapo. Capitaine Daniel réussit à s'enfuir.

Photo issue du blog Veaugues.overblog
Quelques éléments :


Un article sur le blog LibrHerry reprend un extrait du livre de Pierre Paoli.

Les lycéens de Marguerite de Navarre, lycée de Bourges, proposent un site sur la répression dans le Cher, dans le cadre d'un concours sur la résistance : une belle initiative.

Et enfin le livre de Jacques Gimard, Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo. ISBN-13 : 978-2919760046.

jeudi 18 avril 2013

P comme protestant en 1573 à Sancerre

Je vous ai déjà raconté que je suis tombée par hasard sur une branche protestante dans ma généalogie. Article ici.
Je vais maintenant aborder un évènement plus ancien, qui a laissé des marques à Sancerre : le siège de 1573, lors de la quatrème guerre de religions.

Sancerre est en effet devenu un haut lieu du protestantisme dans le Berry, et plus globalement en France.
Sancerre, ville rebelle, était surnommée à l’époque la Petite Rochelle. Dès la fin 1572, de nombreux protestants vinrent à Sancerre qui accueillait les « réformistes ». Le roi Charles IX ne supportait plus l’affront de ces villes. Claude de la Châtre mobilisa jusqu’à 7000 hommes. Il tenta des assauts qui se terminèrent tous par des échecs.



Nouvelle tactique : assiéger Sancerre. Les assiégés tinrent bon mais les vivres vinrent à manquer. On mangea rats, taupes, vieux cuir … un récit raconte même qu’un couple mangea leur fille morte de faim. Le père fut brûlé et la mère étranglée.. Les protestants de Sancerre acceptèrent finalement la rédition lors de l’été 1573.

Cette histoire a été racontée par un ministre protestant, Jean de Léry dans son Histoire mémorable du siège de Sancerre.

Deux cents ans plus tard, Sancerre fera encore parler d’elle pour s’opposer cette fois à la Révolution Française d’où le terme « Petite Vendée Sancerroise ».

mercredi 14 septembre 2011

Ornements de toiture

J'ai visité l'exposition temporaire "compagnons célestes" proposée par l'écomusée du pays de Rennes. Comme à chaque fois une très bonne exposition. Mais ce qui m'intéresse le plus ici, c'est surtout ce qui tourne autour des métiers associés. J'ai ainsi pu compléter ce que j'ai pu voir avec les archives d'une exposition qui s'est tenue à Bourges, mais dont je n'avais pas entendu parler. En fait, il n'y a pas à proprement parlé de métier spécifique aux ornements.
  • Le charpentier est impliqué au premier plan tout comme le couvreur qui pose les épis. Certains couvreurs pouvaient également être des créateurs de tuiles faitières ou épis en zinc par exemple.
  • Le potier fabriquait ceux en terre. Selon la composition, la terre était cuite une ou plusieurs fois. Les autres matériaux possibles étaient l'ardoise, le plomb ou encore le zinc. En Ille-et-Vilaine, de nombreux potiers étaient présents à Chartres-de-Bretagne ; dans ma région d'origine, le Sancerrois, les zones de production les plus proches étaient la Borne ou Morogues ; c'est le grès que l'on rencontre majoritairement.
Quelques exemples ci-après :

Les épis de faîtage à Bourges c'est ici.
L'écomusée de Rennes par là.

samedi 20 août 2011

Le dirigeable République à Jussy le Chaudrier

En fouillant dans des cartes postales anciennes, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un dirigeable accidenté à Jussy le Chaudrier. Il me fallait mieux connaître cet évènement !

Le république était un dirigeable militaire mis en service en 1908, avant de réaliser différentes campagnes.

Le 3 septembre 1909, le dirigeable quitte les Yvelines. Il rejoins Montargis situé à 103km en 3h. Il survole ensuite Briare, Cosne et arrive à la Charité sur Loire.
Cependant un problème dans la circulation d'eau contraint l'équipage à atterrir en urgence. Il s'arrête au lieu-dit des Policards à Jussy-le-Chaudrier. La nacelle subit des avaries, tout comme de nombreuses autres parties du dirigeable.

Du gaz s'échappe. La décision est prise de dégonfler le dirigeable ... puis de le transporter par chemin de fer.


Après remontage et différentes manoeuvres, ce dirigeable connaîtra une fin tragique en s'écrasant lors du voyage du retour le 25 septembre 1909.

Un site très complet sur l'histoire des dirigeables à Chalais Meudon.
Un article sur l'accident du dirigeable, sur histoire généalogie.

mercredi 10 août 2011

Protestantisme

J'aime beaucoup l'émission la marche de l'histoire sur France Inter. Lundi dernier a été rediffusée une émission sur Marie Durand et la résistance protestante au XVIIIème siècle. L'occasion de refaire le point sur différents événements de cette période.
Je me sens concernée car il y a quelques mois je me suis découvert une branche protestante. Familles originaires de Sancerre, haut lieu du protestantisme dans le Berry.


Une période plus ancienne, 1573 Sancerre l'enfer au nom de Dieu. Abraham Malfuson.

Une phrase de l'intervenant a particulièrement fait écho en la généalogiste que je suis. En refusant tout acte catholique, les protestants n'avaient plus d'identité. A l'époque l'état civil était géré par l'Eglise.
Ces hommes et femmes n'avaient donc pas d'existence, étaient comme suspendus en l'air.
Deux dates importantes : 1685 et la révocation de l'Edit de Nantes. L'exercice de la religion protestante est interdite, les pasteurs sont bannis. En 1787 L'Edit de Versailles, dit Edit de Tolérance, redonne des droits et donne lieu à des régularisations de mariage.

Un exemple : à Sancerre en novembre 1788, trois mariages avec le même patronyme ont été ajoutés.
- Le 18 novembre 1788 réhabilitation du mariage Pierre SERVEAU et Marie Jeanne NAUDET
- le 27 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jean FEUILLAUT et Anne SERVEAU
- le 28 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jacques SERVEAU et Marie Anne DUCLOU . Ceux-ci ne sont autres que les parents de Pierre SERVEAU. Leur acte de mariage est donc postérieur à celui de leur fils !

Pour écouter l'émission sur Marie Durant et la résistance protestante c'est ici.
J'ai également découvert le site du musée virtuel du protestantisme français, très bien documenté.